Le droit individuel à la formation (DIF)

L’une de nos sociétés clientes est positionnée sur le marché de l’ingénierie des sols. Monsieur X, en qualité d’ingénieur / chef de projet, a activé son DIF pour se former à la gestion de projet sur MS Project. Il en formule la requête auprès de son dirigeant qui dispose d’un mois pour confirmer. Les objectifs pédagogiques de cette action répondent aux objectifs stratégiques de l’entreprise notamment en termes de gains de productivité, de visibilité sur la gestion des coûts, ressources, tâches et délais. Par ailleurs, ils répondent aux objectifs de développement personnels de Monsieur X notamment en termes d’employabilité et de transférabilité de ses compétences.

 

FICHE TECHNIQUE – DROIT INDIVIDUEL à LA FORMATION (DIF)

  • Créé par la loi du 4 mai 2004, le DIF concerne les salariés de toutes les sociétés quelles que soient leur taille.
  • Le dirigeant dispose d’un délai d’un mois à réception de la lettre de demande du salarié pour la cosigner. À défaut, la demande est acceptée. La lettre doit présenter la localité de l'organisme de formation, les dates prévues, le temps de formation (sur ou hors temps de travail).
  • Un chef d’entreprise n’a pas l’obligation de financer une demande de DIF s’il considère que l’action de formation et les compétences qui seront développées ne correspondent pas aux objectifs stratégiques de son entreprise. Par ailleurs, l’acceptation du DIF est soumise aux dispositions conformément aux accords de branches de l’entreprise.
  • Par ailleurs, si durant deux exercices civils consécutifs, le salarié et l’entreprise ne parviennent pas à aucun accord sur le choix de l’action de formation au titre du DIF, c’est le FONGECIF qui dans le cadre du CIF prendra en charge l’action de formation à condition que celle-ci corresponde aux priorités et aux critères définis par le FONGECIF.
  • Une négociation peut avoir lieu entre le dirigeant et le salarié concernant les dates de formation, le temps de formation (pendant ou hors temps de travail), le type d’action et ses objectifs pédagogiques enfin le coût de l’action.

  • Pour les salariés en CDI, il faut justifier d’un an d'ancienneté dans l’entreprise. Pour les salariés en CDD, il faut justifier de quatre mois de périodes travaillées - consécutives ou non au cours des douze derniers mois - dans la même entreprise ou dans une autre.

  • Le salarié en CDI à temps complet ayant au moins un an d’ancienneté acquiert un droit individuel à la formation d’une durée de 20 heures par an cumulable sur six ans, soit 120 heures au total. Pour les salariés en CDI à temps partiel ou en CDD, les heures de DIF sont calculées au prorata du temps de travail. Pour les salariés en CDD, il peut y avoir un accès par requête auprès du FONGECIF.

  • Le DIF se programme en hors temps de travail ou pendant les périodes de RTT. Le chef d’entreprise doit alors verser une allocation formation équivalente à 50 % du salaire horaire net du salarié par heure de DIF (en plus de sa rémunération).
  • Cependant, certains accords de branche ou accords interprofessionnels acceptent que le DIF se déroule pendant tout ou partie du temps de travail du salarié. Dans le cas d’une formation pendant le temps de travail, il n’y a pas d’allocation supplémentaire à débloquer.
  • Seanetic recommande de consulter les représentants IRP pour cadrer ce dispositif.

  • Le DIF peut être activé en vue du renforcement des compétences du salarié, du perfectionnement à son poste ou de son accompagnement dans le développement de son projet professionnel. L’action de formation pourra donc être liée au cœur de métier du salarié ou à l’emploi qu’il souhaite occuper ou vers lequel il souhaite évoluer. Pour optimiser ses chances d’être acceptée, l’action de formation DIF doit répondre aux axes de développement stratégique de l’entreprise.
  • Citons l’exemple d’un de nos clients positionné sur le marché du Prêt-à-porter de luxe et donc l’un des agents commerciaux souhaite renforcer ses compétences en anglais. Cette demande s’inscrit dans une logique de développement à l’export de cette entreprise. Seanetic recommande de consulter l’accord de branche de l’entreprise pour confirmer les formations jugées prioritaires au titre du DIF. Par ailleurs, le DIF n’est pas un droit garanti, un salarié peut se voit refuser sa demande sans aucun recours possible. La formation n’est pas l’unique modalité d’activation du DIF, celui-ci est transformable en VAE ou en Bilan de compétences voire en CIF dans le cas de deux refus consécutifs (sur deux exercices consécutifs) conduisant à une demande formulée auprès du FONGECIF (cf. article L.933-5)

  • Certaines branches professionnelles ont institué un DIF « prioritaire » en fonction des activités et des projets de l’entreprise qui est financé sur le 0,5% versé à l’OPCA dans le cadre de la cotisation liée à la professionnalisation. Par ailleurs, comme vu précédemment, le DIF peut être financé par le FONGECIF.
  • L’entreprise prend en charge les coûts de formation du salarié (coût pédagogique, frais d’hébergement et de transports) et en cas de programmation hors temps de travail, une allocation formation équivalente à 50 % du salaire horaire net.

 

TEXTE DE LOI – DROIT INDIVIDUEL à LA FORMATION

Article L933-1

  • Tout salarié titulaire d'un contrat de travail à durée indéterminée, à l'exclusion des contrats mentionnés au titre Ier du livre Ier et au chapitre Ier du titre VIII du présent livre, disposant d'une ancienneté d'au moins un an dans l'entreprise qui l'emploie, bénéficie chaque année d'un droit individuel à la formation d'une durée de vingt heures, sauf dispositions d'une convention ou d'un accord collectif interprofessionnel, de branche ou d'entreprise prévoyant une durée supérieure. Pour les salariés à temps partiel, cette durée est calculée prorata temporis.
  • Pour le calcul des droits ouverts au titre du droit individuel à la formation, la période
  • d'absence du salarié pour un congé de maternité, d'adoption, de présence parentale, de
  • soutien familial ou pour un congé parental d'éducation est intégralement prise en compte.
  • Lien Legifrance

Article L933-2

  • Une convention ou un accord collectif de branche ou d'entreprise peut prévoir des modalités particulières de mise en œuvre du droit individuel à la formation, sous réserve que le cumul des droits ouverts soit au moins égal à une durée de cent vingt heures sur six ans ou, pour les salariés à temps partiel, au montant cumulé des heures calculées chaque année conformément aux dispositions de l'article L. 933-1, dans la limite de cent vingt heures. Les droits acquis annuellement peuvent être cumulés sur une durée de six ans. Au terme de cette durée et à défaut de son utilisation en tout ou partie, le droit individuel à la formation reste plafonné à cent vingt heures. Ce plafond s'applique également aux salariés à temps partiel, quel que soit le nombre d'années cumulées, sur la base des droits annuels acquis prorata temporis. Chaque salarié est informé par écrit annuellement du total des droits acquis au titre du dispositif du droit individuel à la formation.
  • Par convention ou accord collectif de branche ou d'entreprise ou, à défaut, par accord
  • collectif conclu entre les organisations représentatives d'employeurs et de salariés
  • signataires d'un accord constitutif d'un organisme collecteur paritaire des fonds de la
  • formation professionnelle continue à compétence interprofessionnelle, des priorités peuvent être définies pour les actions de formation mises en œuvre dans le cadre du droit individuel à la formation. A défaut d'un tel accord, les actions de formation permettant l'exercice du droit individuel à la formation sont les actions de promotion ou d'acquisition, d'entretien ou de perfectionnement des connaissances mentionnées à l'article L. 900-2 ou les actions de qualification prévues à l'article L. 900-3.
  • Lien Legifrance

Article L6323-9

  • La mise en œuvre du droit individuel à la formation relève de l'initiative du salarié, en accord avec son employeur.
  • Le choix de l'action de formation envisagée, qui peut prendre en compte les priorités définies à l'article L. 6323-8, est arrêté par accord écrit du salarié et de l'employeur.
  • http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006072050&idArticle=LEGIARTI000006904231&dateTexte=20081130

Article L6323-11

  • Les actions de formation exercées dans le cadre du droit individuel à la formation se
  • déroulent en dehors du temps de travail.
  • Toutefois, une convention ou un accord collectif de branche ou d'entreprise peut prévoir que le droit individuel à la formation s'exerce en partie pendant le temps de travail.
  • Lien Legifrance

Article L6323-10

  • Lorsque le salarié prend l'initiative de faire valoir ses droits à la formation dans le cadre du droit individuel à la formation, l'employeur lui notifie sa réponse dans un délai déterminé par voie réglementaire.
  • L'absence de réponse de l'employeur vaut acceptation du choix de l'action de formation.
  • Lien Legifrance

 

 
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